
Donner du sens à sa vie, c’est quoi ?
Les réponses sont multiples. Chacun d’entre nous étant différent, il existe probablement presque autant de réponses que de personnes. Mais reprenons simplement l’idée générale : avons-nous réellement besoin de donner un sens à notre vie ?
J’ai posé cette question à beaucoup de personnes, proches ou non. Très souvent, la réponse était la même :
« Tu te poses trop de questions, Gaëtan. »
Cette réponse m’a toujours interrogé. Pourquoi certaines personnes ressentent-elles le besoin de se poser ce genre de questions alors que d’autres semblent pouvoir vivre sans jamais vraiment se les poser ?
Avons-nous réellement choisi notre vie ?
Beaucoup de personnes se retrouvent dans une vie qu’elles n’ont pas vraiment choisie, ou tout au moins pas entièrement consciemment.
Elles parlent de destinée, de chance ou de malchance, du milieu dans lequel elles sont nées et ont grandi, des circonstances ou des rencontres. Finalement, elles ont emprunté un chemin qui s’est construit progressivement, parfois davantage en fonction des événements que d’un véritable choix conscient.
C’est le premier cas de figure et c’est aussi celui que j’ai le plus souvent rencontré.
J’ai également remarqué que certaines personnes avaient appris très tôt à se questionner. Dès leur enfance, elles ont bénéficié d’un environnement dans lequel leur curiosité et leur réflexion étaient sollicitées. Bien évidemment, un enfant ne se demande pas encore : « Que vais-je faire de ma vie ? » Mais posséder les outils qui permettront plus tard de réfléchir et de choisir sa vie est certainement un avantage.
L’éducation, la famille, la culture et le milieu dans lequel nous grandissons influencent donc notre manière d’envisager notre existence. Cela ne signifie pas que certaines personnes seraient plus capables que d’autres de donner du sens à leur vie. Cela signifie simplement que nous ne partons pas tous avec les mêmes outils.
Et surtout, rien n’est définitivement écrit.
Pourquoi cette question apparaît-elle ?
Ces observations restent des généralités et ne définissent évidemment pas des réalités absolues.
Mais alors, avons-nous réellement besoin de donner du sens à notre vie ?
Lorsque notre existence s’écoule tranquillement, cette question se pose rarement. Nous avançons sur un chemin que nous avons choisi consciemment ou non. Nous travaillons, nous construisons, nous aimons, nous faisons des projets et nous vivons.
Puis, parfois, quelque chose vient interrompre cette continuité.
Une séparation, un deuil, une maladie, un échec, la perte d’un emploi, une remise en question ou simplement un profond sentiment d’insatisfaction.
C’est souvent à ce moment-là que la question apparaît :
« Pourquoi cela m’arrive-t-il ? »
La souffrance nous oblige parfois à nous arrêter. Ce qui semblait jusque-là évident ne l’est plus. Nous commençons alors à regarder notre vie différemment et à nous demander où nous allons, pourquoi nous suivons ce chemin et surtout s’il correspond encore à ce que nous voulons réellement.
Mais la quête de sens ne naît pas uniquement de la souffrance. Elle peut aussi apparaître lorsque tout semble aller relativement bien et que, malgré cela, quelque chose nous manque. Nous avons peut-être atteint les objectifs que nous nous étions fixés et pourtant une question demeure : et maintenant ?
Le but ou le chemin ?
Finalement, le sens que nous donnons à notre vie pourrait être lié aux objectifs que nous nous fixons. Il peut y en avoir plusieurs, comme autant d’étapes qui jalonnent notre existence.
Laissez-moi vous raconter une histoire toute personnelle.
Un jour, j’ai décidé de faire le chemin de Compostelle. J’ai marché près de 1 000 kilomètres avec un objectif très simple : arriver à Saint-Jacques-de-Compostelle.
Lorsque je suis enfin entré dans la cathédrale, je me suis assis et une question m’est venue presque immédiatement :
« Finalement, à quoi ça sert ? »
La réponse ne s’est pas fait attendre. Le plus important n’était pas d’être arrivé.
Le plus important avait été le chemin pour y parvenir.
Pendant près de 1 000 kilomètres, j’avais marché vers un objectif. Cet objectif m’avait donné une direction, mais ce que j’avais réellement vécu se trouvait entre le départ et l’arrivée : les efforts, les difficultés, les rencontres, les moments de solitude, les pensées et tout ce que cette expérience avait fait naître en moi.
La cathédrale marquait simplement la fin du chemin.
Et si le sens était justement là ?
Et si donner du sens à sa vie consistait moins à trouver une réponse définitive qu’à avoir une raison d’avancer ?
Nous avons besoin d’objectifs, de projets, de désirs. Non pas uniquement pour les atteindre, mais parce qu’ils nous mettent en mouvement.
Ce chemin peut prendre des formes très différentes : la méditation, la connaissance, la transmission, un défi sportif ou tout autre objectif. Peu importe finalement ce que nous choisissons, pourvu qu’il y ait un chemin.
Ce chemin, c’est cette énergie de vie que nous avons tous. Ce qui compte n’est pas tellement ce que nous faisons, mais ce qui nous donne le désir de nous lever chaque matin, d’avancer et de nous accomplir.
Donner du sens à sa vie, c’est peut-être aussi transmettre à notre tour une partie de ce que nous avons nous-mêmes reçu.
Finalement, le sens n’est peut-être pas dans le but à atteindre, mais dans le chemin que nous parcourons pour y parvenir.
